Armoire bancale cherche désespérément réparateur courageux

"Tel un meuble vermoulu et bancale, l'armoire "Union Européenne" ne cessent de dépérir, malgré les tentatives de bricoleurs du dimanche Français, Allemand... qui ne cessent de la repeindre et de la rafistoler avec du scotch, espérant ainsi que celle-ci finissent par se réparer toute seule."


Du rêve à la réalité
 
Il est vrai que le projet européen est tout à fait louable sur le papier, une union destinée à éradiquer la guerre entre les pays du continent pendant des siècles en les réunissant autour d'un ambitieux projet politique et économique, favorisant ainsi les échanges mais canalisant ainsi un rayonnement dans une institution ayant pour objectif de peser sur la scène internationale.
Cependant, le constat de l'application de ce projet est amer, l'Union Européenne a connu une phase de développement, c'est évident, avec un rapprochement de nombreux pays et une intégration toujours plus pousée. Néanmoins, l'échec de l'adoption par référendum du traité de Rome en 2004 visant à établir une "constitution pour l'Europe" a sonné le glas de cette époque, depuis l'institution du vieux contient semble perdre de sa superbe de jours en jours.
En effet, le désamour envers l'Europe ne cesse de s'accroître et le projet européen patine de plus en plus, laissant présager des changements majeurs pour la décennie à venir.
 
 
Mais pourquoi ?
 
Avant tout, il est important de s'attarder sur les raisons de ce coup d'arrêt dans la construction de cette institution et de la montée de l'eurosceptisme. 
Tout d'abord, ce qui porte sûrement le plus préjudice à l'établissement d'une union forte et perenne est que l'Europe des nations n'a pas vocation à devenir une seule nation. Rien n'est réellement mis en place pour cela, les symboles ne sont pas mis en avant, les efforts pour réunir les peuples sont dérisoires et donnent l'impression que même les dirigeants ont cessé d'y croire. Bruxelles apparaît plus que jamais déconnectée des réalités et loin des préoccupations des peuples, la crise de la zone euro est un exemple poignant, la Grèce s'est vu subir des plans d'austérités par la Troïka qui n'ont eu aucun succès, bien au contraire, avec un effet ravageur.
De plus, la menace des attentats et la crise des migrants représente un obstacle qui recentre l'attention de chaque peuple sur son pays. Mettant en cause les accords de Schengen, chaque État rétablit le contrôle en frontière sans jamais vraiment dire son intention réelle: le retour à des frontières nationales perpetuelles et un plein contrôle dessus.. 
Enfin, l'Union Européenne a été créé comme un organe supranationale, mais qui n'a jamais réellement su s'imposer face aux principaux pays. En effet, il est désolant de constater que c'est souvent les intérêts des nations qui passe avant les intérêts collectifs, ce qui est catastrophique pour la construction européenne. Le Brexit est sûrement l'exemple le plus poignant du moment, il incarne parfaitement l'Europe à la carte, un chantage désolant où les pays ont tout à perdre car céder serait symboliquement fort. 
 
 
Que fait-on maintenant ?
 
Même sans pouvoir de prémonition, il apparaît clairement que la situation ne peut pas durer ainsi, deux choix s'offrent à nous. Premièrement, l'établissement d'une volonté très forte d'intégration qui mènera à terme à la formation d'un État fédéral disposant de la souveraineté que possédait les États. Il faut arrêter de ne voir qu'en Bruxelles une maison de retraite pour politiques qui ont fait leur temps dans chacun de leur pays respectif. Cette hypothèse est néanmoins peu probable dans le contexte de défiance actuel et avec un esprit européen aussi peu présent dans la tête des citoyens.
L'autre solution serait de mettre un terme à cette union politique, en finir avec la monnaie unique, qui bien qu'elle représente un symbole politique majeur, peut être discutable sur le plan économique et n'a jamais été suivi des transferts nécessaires à sa survie à long terme. Vouloir rassembler autant de pays sous la bannière de l'euro est revenu à tenter de mélanger l'huile et le vinaigre, certains pays n'ont pas une économie capable de se développer avec une monnaie aussi forte, ce qui a donc fini par les asphyxiés et  provoque un retour à la compétitivité par la baisse des salaires : une catastrophe. 
Sur bien des points, la position de l'Union européenne est critiquable et le Traité Transatlantique est l'un des points de friction les plus brûlants de l'actualité. Cependant, il faut relativiser, reculer n'est pas forcément un constat d'échec mais plutôt une opportunité de repenser en profondeur l'Union. De plus, il reste néanmoins des succès indéniables tel que L'Agence Spatiale Européenne ou bien Airbus!

Notre époque semble être un moment charnière, jamais les pays n'ont semblé aussi distant de l'Europe sans vouloir réellement l'assumer. La situation mérite désormais d'être clarifiée face à une union qui apparait de plus en plus illégitime et déconnectée des réalités, car vouloir éviter ce sujet, ce n'est que faire le jeu des populistes...
 

 

Retour à l'accueil