L'amateurisme politique à la française

"Le spectacle désolant d'un amateurisme chaque jour un peu plus prononcé ne cessent d'ébranler une classe politique envers laquelle la défiance n'a jamais été aussi grandissante". 


Le constat est amer, la classe politique est totalement désavouée par les français et ceci même si ses plus hauts représentants prétendent depuis longtemps "les avoir compris". 

 

"Comment en est-on arrivés là ?"

Cette défiance n'est pas nouvelle mais elle semble de plus en plus prononcée à chaque échéance électorale à travers la part grandissante des voix pour l'extrême droite et de l'abstention. En effet, cette défiance n'est pas sans relation avec les nombreuses affaires qui ont touché la classe politique comme par exemple l'affaire du sang contaminé ou plus récemment l'affaire bigmalion. Cependant, la capacité des français à oublier avec le temps ce genre d'affaires témoignent que ce n'est pas son fondement majeur mais plutôt une "surcouche" qui vient la conforter. La raison la plus probante, certains trouveront cela évident, c'est sans doute l'échec cuisant de nos dirigeants face au chômage de masse et au déclin économique fançais. Les politiques économiques présentées souvant comme le médicament miracle se sont souvent révélees inefficaces. L'usage de la dette pour tenter de pallier ces problèmes n'a finalement représentée qu'une morphine de courte durée, se transformant en véritable boulet pour les générations futures qui doivent ainsi payer un manque de courage et de lucidité face à une situation qui pour eux, s'est encore plus aggravée. Ces constats d'échecs, souvent acceptés en guise de méa-culpa par les politiques à des fins électorales ne font qu'entâcher la réputation de ces élites, rompant la confiance qui leur a été accordée. L'impuissances de nos dirigeants à enrayer une crise de longue durée peut ainsi être considéré comme le facteur centrale d'une défiance grandissante.

 

"Une pédagogie inexistante et une communication parfois douteuse"

Cependant, il serait un raccourci de ne considérer seulement que l'échec de politiques menées, d'autres facteurs ont également une importance non négligeable. La communication réalisée par exemple, s'est quant à elle aussi révélée catastrophique pour l'image de marque de nos gouvernants. L'aveu d'échec d'un dirigeant toujours en place est sûrement l'une des plus grande idiotie effectuée, tout le monde se souvenant de la célèbre déclaration de François Mitterand: "Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé". Cette phrase est une aberration, en plus d'entâcher la fonction présidentielle, elle ne fait que discrediter l'État à son plus haut rang, laissant ainsi supposer qu'aucune politique n'est possible contre le chômage. De plus, elle est assez révélatrice d'une forme de supériorité, laissant supposer que la politique ultime et donc la soi-disant la plus pertinente aurait été mené par la gauche jusqu'en 1995, sans succès. Ce genre de déclarations devrait être bannis car en plus de révéler la vanité de son élocuteur, elle abîme une fonction pour ses successeurs aux yeux des élécteurs. 

La pédagogie conduite aussi est souvent chaotique, des fois qualamiteuse, des fois inexistante, on ne compte plus les cas d'écoles que produit "gratuitement" les gouvernements successifs. La loi travail est l'exemple le plus marquant actuellement, se basant sur un certain consensus émergeant du rapport Combrexelle, le gouvernement s'est contenté de jeter en pature à la presse des axes de sa loi sans réelle explications. Pire encore, la création d'un compte twitter nommé "loi travail" a fini d'achever la crédibilité de ses créateurs, les faisant ainsi passer pour des amateurs, mais aussi celle du projet en lui-même. De ces observations peut être tirées deux interrogations : "Cette présentation calamiteuse des lois est-elle le fruit d'une orchestration politique ?" ou bien "Pensent-ils que les français ne peuvent pas compendre ces lois ?". Même si pour le projet de la loi travail la première hypothèse semble réellement cohérente, elle permet une porte de sortie pour Manuel Valls qui partirai en tant que "réformateur incompris". La seconde question est malheureusement une vision adoptée par certaines élites , qui consiste à penser que les gens sont incapables de comprendre les réformes engagées, techniques fuent-elles. Cette image est dégradante mais aussi des plus erronées, lorsque la pédagogie est au rendez-vous, les gens comprennent, expliquer les réformes est sûrement le meilleur moyen de les faire passer. Ce constat peut paraître évident mais il ne les visiblement pas auprès des nos élus qui continuent à passer en catimini des décisions ou lois, s'étonnant par la suite de la défiance qui grandie envers eux. 

 

La situation du pays n'est pas au beau fixe et de nombreuses réformes sont encore à venir pour tenter de redresser la barre. Cependant, elles se feront dans de meilleurs conditions si un travail de pédagogie est mené et si les politiques sont élus pour le programme qu'ils vont faire. Cette amateurisme va-t-il disparaître avec un renouvellement de la classe politique ? C'est possible, cependant, au vu des candidats probables et déclarés pour l'élection de 2017, il semble peu probable que celui-ci est lieu prochainement. D'ici là, nos candidats vont tenter de faire du neuf avec du vieux tout en finissant par retomber dans leurs travers...

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