Syndicaliste un jour, râleur toujours !

Tout d'abord, un grand merci à la CGT et FO qui prouvent une nouvelle fois que l'archaïsme est le maître mot d'une organisation qui en fin de compte, n'est pas si proche des ouvriers... Car oui, le syndicat est à la base une organisation des plus nobles, la protection des salariés est un élément primordiale et un outil de progrès social majeur, cependant il est aussi censé être raisonné et ne doit pas être dans une logique de conflit perpétuel..

 

"Une déconnexion profonde de la réalité des hauts représentants"

Un point important premièrement: il n'est pas question de mettre tous les syndicalistes dans le même sac, certains sont des gens qui ne sont pas en accord avec cette ligne dure, il est plutôt ici question de la ligne adoptée en générale par ces syndicats. 

Cette déconnexion est cinglante, il suffit d'écouter le secrétaire général de la CGT prôner la semaine des 32 heures pour s'en convaincre, ce n'est pas la première priorité de notre pays. De plus, la défense à tout prix des salariés stables en place face aux "outsiders" comme en témoigne les tensions envers la loi travail, révèle qu'il est hors de question de sacrifier des droits pour faciliter l'entrée sur le marché du travail les autres; un bel exemple d'altruisme.

De plus, la fameuse affaire de Lepaon met en lumière que celui-ci qui se prétendait représenter les salariés a réussi à prouver que grâce à leurs cotisations nous pouvions aussi faire fonctionner le BTP ( avec des travailleurs syndiqués CGT espérons...). Pire encore, celui-ci a été recasé dans une agence publique spécialement créée pour lui attribuer un poste par... le gouvernement! Nous marchons sur la tête. Cela témoigne également d'un fossé entre ces représentants qui sont des utopistes en haut d'une tour d'ivoire, énonçant des absurdités économiques et dont on peut sérieusement remettre en cause les intentions de protection des salariés...

 

"Le mot qu'ils ont semblé bannir: réforme"

La mobilisation qui est actuellement en cours témoigne de l'incapacité à accepter de réformer le pays de la part de ces syndicats. Le fait le plus amusant est que ces syndicalistes déclarent en tentant à tout prix d'être crédible que la pénurie de carburant est la conséquence de la mobilisation en réponse au 49.3 et non l'objectif recherché. Cependant, cette pénurie n'est finalement que le résultat espéré par cette minorité qui dispose d'un fort pouvoir de nuisance qui, en plus de chercher à punir le gouvernement, sanctionne de manière déplorable et lamentable les gens qui ne font pas grève, question démocratie et libertés, nous repasserons plus tard... Finalement, les plus pénalisés ne sont pas les dirigeants mais plutôt les gens qui doivent travailler ou se déplacer, ce qui met en lumière la politique juste-boutiste qui émane de ces grèves.

Et oui, même si le secrétaire général de la CGT déclare ce matin chez Bourdin dit vouloir dialoguer pour arriver à une loi qu'il juge acceptable, sa seule volonté est de torpiller le texte pour ne laisser que ce qui l'arrange. Nous ne disposons pas de la même définition du mot dialogue, lui ne souhaite qu'un accord unilatéral qui ne profite qu'aux salariés. Mais il semble avoir oublié que finalement sans entreprises, il n'y a pas de salariés, et donc plus aucun intérêt de disposer de syndicats. Il ferait donc mieux de versé beaucoup beaucoup d'eau dans son vin et arrêter ces déclarations vides d'intérêt, de promouvoir le travail en entreprise et cesser ses caricatures autour des grands patrons qui volent tout, ne laissant aux autres que les miettes. Ce n'est pas le seul à tenir ce discours, Force Ouvrière n'est d'ailleurs guère mieux.. 

Dans une situation aussi moribonde que la notre le compromis entre salariés et patronat semble inévitable, tous doivent consentir à des efforts et nul doute ne subsitent là-dessus. Néanmoins, des efforts ne signifient pas forcément un recul social, mais une lucidité et un bon sens face à une situation tendue, d'autant plus que lorsque la situation s'améliore, rien n'empêche les syndicats de négocier des avantages pour les salariés. 

 

"Un modèle qui s'effrondre"

La situation des syndicats dans leur globalité n'est pas au beau fixe, en effet, ceux-ci ne rassemblent que 8% des travailleurs, ce qui ne leur permet pas de se poser en réels représentants des salariés et la défiance envers eux ne cesse de grimper. Cependant, les logiques pour sortir de ce marasme sont tout à fait différentes, la CFDT fait le choix du dialogue et du compromis pour continuer à exister alors que les syndicats réfractaires sont quant à eux dans une logique de confrontation et de blocage pour montrer qu'ils existent encore. Cette stratégie est contestable, surtout quant on voit que les arguments invoqués sont des pans de la loi "El Kohmri" qui sont de simples réécritures du code du travail (semaine de 60 heures dans des cas très exceptionnels, majoration à 10% des heures supplémentaires au lieu de 25%..). Au bout du compte l'amateurisme ne semble pas seulement frapper une partie de classe politique mais aussi ces syndicalistes qui cherchent à tout prix le moyen d'exister, en préservant un environnement qu'il maitrîse et qui leur permet d'être visibles. 

 

Une mutation des syndicats apparait désormais plus que nécessaire, frappés des mêmes maux que la classe politique, ceux-ci sont désormais hors des réalités et ne défendent en fin de compte, qu'une faible partie des salariés, laissant de côté ces "oubliés" dont ils ne veulent pas assumer la défense. Le challenge est désormais leur survie plutôt que le retour à une situation économique optimale bénéfique à tous, ce qui achève de prouver qu'ils ne sont plus adaptés au monde d'aujourd'hui. Enfin, criant contre un déni de démocratie, ceux-ci n'hésite pas à nous imposer la dictature de la pénurie ou du blocage des transports, qui à défaut de pénaliser nos dirigeants, paralyse la population dans sa globalité qui elle, ne soutient pas forcément leur mouvement.

 
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