Crédit photo: Pixabay

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Alors que la France s'enlise depuis plus de deux décennies dans un monde dans lequel elle n'a jamais été capable de s'adapter, la situation devient de plus en plus critique, le manque de vision de nos gouvernants ont laissé croire que c'est le monde qui s'adapterait à la France alors qu'il n'en est rien. Le changement doit définitivement être maintenant". 

 

"De nouveaux programmes avec de... vieux carriéristes"

La primaire de droite possède au moins un avantage: celui de poser les enjeux idéologiques que Les Républicains devront défendre pendant 9 mois. Les candidats ont ainsi développé un programme, qui à défaut d'être très pertinent a le mérite d'exister. On regretta néanmoins la forme prise pour présenter leurs idées telle que le fameux contrat de Bruno Le Maire de 1000 pages! Insensé. Cette aberration a deux effets regrettables: cela technocratise le débat présidentielle, soyons honnête, une infime partie des gens sont prêts à lire un livre s'apparentant plus à une brique et seulement si ils sont déjà acquis à sa cause. Deuxièmement, avec ce format aberrant, il est mis en lumière un problème de diffusion des idées, ou la rédaction d'un livre passe notamment pour un effet de "mode" mais aussi pour une preuve de sérieux plus que le but d'une transmission d'idéologie.
Question renouvellement, nous repasserons. Le constat est d'ailleurs frappant et inédit, beaucoup de ceux qui se présentent ont échoué pendant de nombreuses années tel qu'Alain Juppé qui a fait un passage éclair en tant que Premier Ministre, Nicolas Sarkozy dont la gestion du pays est aisément contestable et la cerise sur le gâteau, François Hollande envisage fortement de se représenter alors qu'il est devenu le cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire en communication politique. 
Le débat est également venu partiellement couper net à ces espoirs de renouveau idéologique où les travers des candidats sont revenus (trop) rapidement. La dérive identitaire d'une partie de la droite est consternante, l'objectif d'une partie de la classe politique de faire de la question identitaire l'élément centrale de la campagne est déplorable, surtout quand on sait que l'économie est aussi l'une des principales préoccupations des français. La caricature est aussi le maître de mot de nombreux candidats, dont il émane une impression d'amateurisme mais aussi de non-maîtrise des enjeux et de leurs subtilités. 

 

"L'élection présidentielle entre promesses et réalités"

"Les promesses n'engagent que celles et ceux qui y croient" disait Charles Pasqua, une manière de légitimer le non-respect des engagements de campagne. Il est évident que certaines mesures sont impopulaires et ne sont pas compatibles avec une campagne sans un effort de pédagogie. Cependant, il faut néanmoins stopper une hypocrisie qui dure depuis trop longtemps, il n'est pas légitime de se faire élire sur un programme trop éloigné de celui mis en oeuvre durant le quinquennat. François Hollande a du faire face à cette contradiction tout au long de son mandat, il n'apparaissait pas comme l'évidence pour opérer le tournant vers une sociale-démocratie.  Néanmoins, les candidats de cette élections ont-ils compris la leçon ? Rien n'est sûr. En effet, ceux-ci continuent de promettre la lune, annonçant par exemple une réduction drastique des fonctionnaires qu'ils sont certains de ne pas pouvoir tenir car même si la France possède une puissance publique très forte, elle n'est au bout du compte pas si éloignée de la moyenne européenne. Supprimer des postes et faire des économies, c'est alléchant, encore faut-il que quelqu'un reprenne le travail à sa charge, ce qui est moins évident. A gauche ce n'est pas plus brillant, Jean-Luc Mélenchon nous promet de lutter contre le capitalisme, cependant il semble oublier que nous ne sommes pas seuls et que le poids économique de la France et sa situation ne nous permet pas de donner des leçons au monde entier. Dans un débat fait de caricatures et d'aberrations, il reste cependant un point positif: ce sont les modérés qui sont les pertinents pour une majorité des Français. L'application des programmes est donc beaucoup moins évident que ce que nous laissent croire les candidats, l'effort d'explication des différents enjeux n'est pas à la hauteur de la situation et se contenter de critiquer le mandat précédent ne fera pas avancer les choses... 



"La solution est-elle de se mettre En Marche ?"

Il est vrai que Emmanuel Macron surfe sur une vague de popularité forte et apparaît comme un candidat novateur. Sa plus grande force est de se faire passer pour un candidat outsider alors qu'il est un pur produit français de l'élite française, ce qui est loin d'être un mal, n'en déplaise à Bruno Le Maire. Il apparait comme un candidat du renouveau, d'une solution que la France n'a jamais expérimentée : le social-libéral assaisonné d'une forte dose de pragmatisme. Dans un pays où l'on s'est souvent contenter depuis trop longtemps de suivre la conjoncture, il propose un changement majeur des structures françaises, de ne plus se contenter d'arguments simplistes. La pédagogie est l'un des maîtres mots de son mouvement, il suffit d'écouter les meetings qu'il exécute pour s'en convaincre. Mais tout n'est pas rose et des ajustements sont nécessaires pour en faire un candidat présidentiel: tout d'abord la structure du mouvement est assez floue, il n'y a pas de cadres, ce qui pourrait apparaître comme une force va se révéler pénalisant. En effet, leur absence fait perdre une certaine cohérence idéologique, donnant des espoirs à tout à chacun qu'il pourrait finir député de sa circonscription alors qu'il ne possède pas les compétences pour. Même si la caricature sur les parlementaires est aisément pratiquée et quelques fois vérifiée, il faut néanmoins reconnaître que ce rôle nécessite une certaine maîtrise des rouages politiques mais aussi un certain niveau de connaissances. Structurer son parti doit être une priorité pour E. Macron car l'élection présidentielle est un cap, mais les législatives en sont un autre également et compter sur les réformistes du PS pour s'assurer la possibilité de diriger est une idée pertinente mais elle ne suffira pas. 

 

Nous remarquons que derrière ces beaux projets, la campagne présidentielle apparaît très morcelée et que les évidences prônées tombent peu à peu dans le gouffre de la dure réalité. Le changement ne se fera pas de caricatures mais de pédagogie. Femmes et hommes politiques, continuez à travailler car la route est encore très longue... 

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