Crédit photo: Pixabay

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"Pilier majeur du développement durable, la transition écologique est le plus grand défi auquel l'humanité doit faire face afin d'assurer sa propre survie mais aussi celle de la Terre entière. Ce défi n'a connu que des réponses trop timides durant ces trente dernières années tant il était contradictoire avec les politiques de développemment économique des différents pays. Cependant, la situation critique qui s'impose à nous en terme de réchauffement climatique mais aussi la faible croissance a poussé les États du monde à agir, à travers notamment le succès de la COP21. En France, la transition écologique est largement portée par des personnalités de gauche mais elle nécessite cependant d'être mesurée et réfléchie."

 

"Une révolution idéologique"

Le célèbre slogan des publicités de fournisseurs d'électicité "L'énergie est notre avenir, économisons là" cache, au delà sa formulation simpliste et marquante, une nécessité de changement profond. En effet, l'énergie est un enjeu capital dans les prochaines années tant sa raréfaction est prévue et appréhendée. À travers la loi sur la transition énergétique est scellé un objectif visant porter la part des énergies renouvelables à 32%. Le projet met ainsi en avant la nécessité d'amorcer une transition inévitable, mais celui-ci reste raisonnable, n'incitant pas à repenser notre mode de production et de consommation. En effet, avec un niveau de production élevé à environ un tiers de notre mix énergétique, les industriels de l'électricité vont aisément atteindre ce but. Cependant, en se plaçant dans une perspective de très long terme il apparaît inévitable que la répartition de la fabrication d'électricité ne peut seulement se focaliser sur une concentration d'unités de production mais sur un partage au sein des foyers afin de combler la totalité des besoins. La révolution se situe principalement dans cet élément, dans un pays où la culture dominante tend à la concentration, notamment administrative mais aussi organisationnelle, il apparaît nécessaire de changer les mentalités des personnes. En effet, il est inévitables que nos maisons soient un lieu de production d'électricité à travers des éoliennes ou des panneaux solaires afin d'assurer une autonomie énergétique (partielle). 
Repenser nos usages et nos manières de consommer est également une nécessité, dans un pays où le "tout électrique" reste encore le maître mot les énergies renouvelables ne peuvent trouver un écho suffisant nécessaire à une accélération de leur développement. À titre d'exemple, l'utilisation massive du chauffage électrique, largement favorisé dans les années 1980 peut apparaître totalement contradictoire avec une sortie du nucléaire tant cela accroît la demande en électricité. Le passage au bois apparaît comme un impératif à travers des filières de fabrication éco-responsables. 
 

"La sortie du nucléaire à tout prix : une aberration"

Fer de lance de nombreux écologistes, la fermeture des centrales nucléaires apparaît comme un impératif afin d'amorcer une réelle transition énergétique. Ce constat est néanmoins fallacieux et ne fait que souligne la non-connaissance des impacts annexes par ses détracteurs. À l'heure actuelle, le nucléaire représente l'une des énergies les plus propres dont nous disposons sur Terre et son potentiel est considérable. De plus, elle permet de réduire de manière drastique l'empreinte carbone de la France tout en assurant les trois quarts de la production en électricité. 
L'argument phare de l'absence de sécurité, souvent prôné, est contestable. En estimant que EDF est incapable de garantir un niveau de sûreté suffisant, les militants font preuve d'une grande hypocrisie. Il est important de mentionner que l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) fait un travail considérable et qu'il est impossible d'imaginer que cet organisme indépendant mettrait la vie des citoyens français en danger au profit d'une logique économique. De plus, ces lobbys nucléaires, à travers une logique de dramatisation d'incidents mineurs ayant lieux majoritairement dans des endroits "non-nucléarisés", jouent sur les peurs de manière déplorable. Cette position n'est pas constructive et ne permet pas d'avancées pertinentes, elle ne fait que favoriser la caricature.  
Fermer les centrales nucléaires rapidement comme le prônent des organisations ne fait que souligner la méconnaissance par ces militants de la situation actuelle dans certaines régions rurales. La construction de ces infrastructures en province a permis de construire un dynamisme économique, des création d'emplois là où l'État a été incapable de proposer des solutions concrètes permettant le désenclavement de ces territoires. Cet impact ne peut être négligé et sur cet aspect il convient de reconnaitre que EDF a eu un rôle clé et très positif dans la réhabilitation de certaines zones. Parfois plus surprenant, c'est même cet acteur qui a réussi à provoquer la construction d'établissements publiques, notamment des collèges et lycées dans des zones qui n'étaient pas des priorités aux yeux de l'État. Cela a aussi donné lieu à un accès à la culture favorisé par le versement des taxes aux communes environnantes qu'induit la présence d'une centrale, permettant la création de bibliothèques, scènes de théâtre. La construction de centrales nucléaires à permis d'éviter la transformation de certaines zones en territoires perdus de la République et également la montée du FN qui s'accompagne. Faire fi de toutes ces considérations comme le font trop souvent les lobbys anti-nucléaire ne permet pas de saisir le challenge que constitue le passage aux énergies renouvelables, c'est un changement qui ne peut être réalisé dans la précipitation.

 

"Une transition écologique qui doit être cohérente"

Il est aisé de remarquer en analysant la structure du mix énergétique français de 2015 que la partie sur laquelle il convient de se focaliser prioritairement n'est pas le nucléaire mais celle des énergies thermiques.

Pour une transition écologique pragmatique

Représentant encore 7% et servant majoritairement en cas de pics de demande, il apparait évident que cette situation ne peut être pérenne que ces énergies fossiles doivent laisser place à des énergies plus propres. 
Le nucléaire ne doit pas être vu comme la solution d'avenir mais comme une solution de transition permettant aux technologies se basant sur le renouvelable d'atteindre leur maturité et d'offrir une production accrue d'électricité par unité. Il faut être honnête, il est à l'heure actuelle impossible de combler la totalité de la demande des français par la seule exploitation d'énergies renouvelables tant le coût de l'électricité serait trop élevé et les surfaces utilisées du territoires gigantesques. Nous sommes à l'aube d'un profond changement, cependant celui-ci doit être accompagné afin de se passer de la manière la plus indolore possible. En outre, le potentiel du nucléaire n'a pas encore été totalement exploité, de nouveaux réacteurs sont en préparation, réduisant la quantité de déchets produits tels que l'EPR qui malgré des déboires reste à la pointe de la technologie et également le réacteur ASTRID visant à réutiliser une partie des déchets produits auparavant. Une élévation de la sécurité est au coeur de ces nouveaux projets. L'idée n'est pas de transformer la France en un pays ne jurant que par le nucléaire, mais à l'heure actuelle il n'existe aucune solution pertinente moins polluante capable de la concurrencer et en continuant d'investir dans cette technologie, nous nous assurons une visibilité et une industrie de pointe. 
Enfin, il ne faut pas être dupe sur la transition écologique, celle-ci doit s'accompagner d'une solution pour les zones sous l'effet du dynamisme d'EDF car construire des éoliennes ne permettra que des emplois de court terme. L'argument qui vise à souligner la création d'emplois est néanmoins douteux car indéniablement il y aura une forte demande en main d'oeuvre à court terme pour construire les infrastructures nécessaires à la production d'électricité issue d'énergies renouvelables mais à long terme cela risque de se traduire par une perte sèche d'emplois dans le secteur de l'énergie. Le calcul est assez évident, le nombre de personnes pour contrôler des équipements "verts", les réparer sera toujours plus faible que celui nécessaire à faire fonctionner une centrale. C'est à travers un processus de requalification des salariés mais aussi de réorganisation de nos territoires que la transition énergétique pourra s'effectuer sans encombre car celle-ci est en marche et ne peut être stoppée. La part du nucléaire est donc vouée à diminuer mais pas à n'importe quel prix.

Même si ce processus de "vertification" de nos énergies doit être fait et est inévitable, il ne peut se faire dans la précipitation et doit respecter un certain pragmatisme. Le nucléaire apparait comme une solution de transition qui a permis de dynamiser de nombreuses régions et de créer un nombre d'emplois directs et indirects considérable. Repenser nos modes de consommation, de production est une nécessité. Il est également impératif de ne pas laisser à l'abandon de nombreux territoires comme cela à pu être fait dans le passé avec l'arrêt des mines de charbon par exemple. C'est à travers ces divers leviers que nous entamerons une transition écologique cohérente et pragmatique. Il est impératif de ne pas oublier que sauver la planète, c'est aussi sauver l'humanité. 

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